Anne Bonaventure - Au pupitre, le chef d'orchestre
Par Tisseuse, lundi 2 avril 2007 à 12:13 :: Au pupitre, le chef d'orchestre :: #2051 :: rss
Au pupitre, le chef d'orchestre restait inerte, pas un mouvement, que quelques hoquetements par instants. Il, heu elle se remémore tout l'opéra . Tous les instruments défilent dans son esprit bien à leur place. Piano forte, violes de gambes, basse de viole et violine. Le haute-contre, oui lui pas besoin de se remémorer son texte, il est toujours impeccable en osmose avec l'orchestre et elle. Ce jour- là, mystère elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle n'avait pas envie de jouer. Etait-ce de jouer du Purcell depuis tant d'années ? Elle ne le savait même pas. Et pourtant la salle serait pleine comme d'habitude. Elle avait toujours autant de succès.
Non c'était un peu de nostalgie, quelques souvenirs fugaces la traversaient. Une ballade autour du Lac d'Ancôme avec Ludwig. Ses baisers fougueux. Un air de printemps.
Tout devient opaque, le rideau se déchire, l'image de son amant disparait. Et elle se récite :
« C'est moi la Musique, et par mes doux accents
Je sais calmer tous les coeurs troublés
Et je peux enflammer ou d'amour ou de noble courroux
Les esprits les plus glacés. »
Ca y est, elle était consciente maintenant seule dans cette salle vide : elle ne jouera plus du Purcell, mais du Monteverdi oui L'Orfeo, le premier vrai et bel opéra.
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