07/05/2008

Pour les Impromptus Littéraires.......

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Fallait commencer par :

 

Anne Bonaventure - Sur le dos du dragon

La nuit où j'ai volé sur le dos du dragon me laisse un souvenir bien amer, un goût de sang dans la bouche. Je m'étais refusé à lui pendant des mois et des mois mais il n'a pas cessé de me harceler : « Viens on va faire un petit tour au-dessus de la ville ». Je craignais sans cesse qu'il n'arrive à ses fins.... Je n'avais aucune envie de me mettre sur son dos si peu accueillant, trop épais avec ce genre d'écailles disgracieuses, et le feu destructeur qui jaillit de cet orifice sombre qu'est son espèce de gueule. Non il est trop hideux je ne pouvais accepter ses demandes.

Il m'a prise par surprise un soir d'été où je m'étais endormie dans le jardin sous le tilleul. Hop qu'il a fait ce monstre, j'avais beau me débattre il s'est envolé en hurlant de plaisir. Je ne pouvais plus rien faire, et me retrouva à califourchon sur son dos ses écailles rentraient dans la chair de mes cuisses. J'ai hurlé : « Non pas là-bas.....non..... » et il riait d' un rire des plus lugubre.

J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, mais il a continué sa course....jusqu'au moment où apparut la ville celle où ne sont pas vraiment enterrés les morts oui vous savez bien la ville où les trains acheminaient des milliers et des millions d'êtres humains qui n'ont pas tous trouvés de sépulture.

Je me souviens bien de son rire un rire de contentement il voulait me faire souffrir pour lui c'était la plus belle ville du monde.....

Moi les dragons de toutes sortes je m'en méfie comme de la peste.

Le carnet où lire Anne Bonaventure

26/04/2008

"L'éloge à l'autre" thème de Paroles Plurielles.

01. Bonjour papa (Anne Bonaventure)

Bonjour Papa,

Je t'écris aujourd'hui pour enfin te dire tout ce que je n'ai pas pu t'exprimer de vive voix.

C'est en y pensant ce matin que je me lance et t'annonce que je ne pourrais jamais t'oublier. Jamais. Tu sais comment sont les enfants ils n'ont souvent aucune gratitude, ni reconnaissance. Mais j'ai mûri et compris de qui je viens et qui tu es.

Je me souviens bien de toi quand tu allais travailler en banlieue, que tu préparais ta gamelle, que tu bandais tes jambes pour éviter que tes varices n'éclatent.

J'attendais souvent le dimanche que tu me demandes de t'accompagner pour faire une vitrine. Tu ne voulais pas que je te seconde vraiment mais que je regarde tes mains agencer sur des mannequins les vêtements dans la vitrine.

Oui je t'admirais tu mettais tout ton coeur à bien faire. Je te demande pardon Papa, j'étais une gamine et ne savais pas t'apprécier, mais maintenant j'ai compris tout ce que tu m'as transmis : le travail bien fait, le plaisir que l'on y met, le respect du patron de celui qui t'appelle pour venir décorer son magasin parce qu'il apprécie ton travail et te donne une paye.

Tu ne rechignais pas et acceptait même de travailler le dimanche, pas de jours fériés pour toi : l'essentiel était que tu puisses nourrir ta famille.

Durant ces dernières années j'ai repassé dans mon esprit ta vie celle où tu as sauvé des personnes dans le ghetto sans craindre les balles qui fusaient autour de toi. Quand je pense que tu viens de si loin, et que tu as reconstruit ta vie, nous a fait un petit nid confortable, que nous avions à manger tous les jours, j'ai les larmes aux yeux. Tu étais si plein de courage et d'amour. J'ai toujours en moi ton exemple d'homme et de père.

Pardon Papa tu es parti et je ne t'ai pas dit que je t'aimais pour tout ce que tu as été : un homme formidable. Où tu es peut-être entends-tu ma lettre les quelques mots qui viennent de mon coeur.


Ta grande fille.

 

 

Je n'ai pu parler que d'amour filiale en m'inspirant de ce que j'ai vécu, un peu de cela et un peu d'invention.....Ce n'est pas un thème si facile.

22/04/2008

Fallait commencer par "J'aimerais devenir"....POUR LES IMPROMPTUS LITTERAIRES

Anne Bonaventure - J’aimerais devenir

J'aimerais devenir comme elle, elle qui devient une autre elle qui devient celle que je ne serais jamais.

Elle qui est plus intelligente, elle qui est aimée, elle oui encore elle qui me domine par sa taille, ses manières, ses intérêts, ses copains.

Je ne suis pas jaloux mais elle a toujours été la préférée, mais cela ne m'ennuie pas d'ailleurs est-ce que je veux vraiment devenir comme elle, d'ailleurs comment le pourrais-je : je m'appelle Guillaume et j'ai 7 ans elle ma sœur a 10 ans, alors là ....et puis quand j'y pense je préfère faire du judo que de la danse tout de même, et puis non faire la vaisselle, les repas, le repassage, non c'est pas mon truc. Non quand j'y pense je préfère rester moi.

 

 

 

J'ai été voir dans mes pensées qui se rattachent à la réalité, je n'invente pas des histoires d'un ailleurs d'un autre monde, c'est vrai que j'écris souvent plongée dans ce que j'entends ou lis. Je n'aime que ce qui me rattache à la vie réelle. 

11/04/2008

Fallait commencer son texte par "Il faut absolument que je pense" et s'inspirer de la photo....Pour Paroles Plurielles

2. A chaque jour suffit sa peine –Anne Bonaventure -

Il faut absolument que je pense à lui acheter des chaussettes. Je vois bien que son père n'y pense pas, elle est toujours aussi négligée. Je ne dois pas lui montrer mon mécontentement, sinon ce sera encore plus difficile. Je devrais tout de même arriver à ne plus pleurer après son départ, j'en ai marre cela devient vraiment infernal. Je ne pouvais imaginer que tout deviendrait si angoissant....tous les quinze jours me l'a dit cette juge. Hum ! Hum! Elle ne doit pas s'en rendre compte. Vraiment.....Encore ce temps pourri, bon on ira au ciné voir le Grand Bleu ou plutôt le revoir ça lui fait plaisir, surtout au Grand Rex, oui enfin bon je ne dois pas dépasser 19h sinon il va encore criser. Bon ça traine là j'sais pas où j'ai mis mes clés de voiture, zut zut. Je dois garder mon sang froid, elle va remarquer mon énervement, non mais où les ai-je encore fourrées......


http://coumarine2.canalblog.com/ cliquez-là

et surtout se mettre dans la peau d'une des personnes qui sont dans ce bar et penser pour elle....

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 (photo de Coumarine)

07/04/2008

LES EPICES POUR LES IMPROMPTUS CETTE SEMAINE

Anne Bonaventure - L'épice (ou les épices)

Cannelle Emoi

Ce dont je me souviens c'est bien de ces veilles de fêtes où la maisonnée se mettait en branle. Tout devait être impeccable, propre, prêt pour la réunion familiale.

A la cuisine mijotait déjà le bouillon de poule, et la carpe farcie attendait de l'être...

Je ne me suis jamais aventurée à reproduire ces plats de mon enfance, chez moi l'Asie a pris le dessus et toutes sortes d'épices curry massala et autre coriandre donnent leur splendeur à mes inventions culinaires. Mais une épice a traversé le temps et reste bien ancrée dans ma mémoire et dans ma cuisine : la cannelle.

Pour les fêtes seul mon père régnait dans la cuisine, et je l'ai vu si souvent préparer la compote celle ou pommes et pruneaux cuisaient à petits feux dans un mélange de sucre de cannelle et de citron.

La cannelle parfume mes compotes d'hiver et leur donne une saveur exceptionnelle, comme si cette simple recette restait un des seuls liens avec ma famille. Souvenir odorant doux et agréable.

Une simple recette qui a traversé le temps et l'espace une recette qui vient d'Europe centrale et qui me dit voilà d'où tu viens toi aussi.

Le carnet où lire Anne

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31/03/2008

Pour les IMPROMPTUS LITTERAIRES

Anne Bonaventure - La tête comme une passoire

Fallait pas me réveiller, j'ai encore dans la tête toutes ces chansons de Ray Charles, le film retraçait sa vie, comme beaucoup de chanteurs il se droguait... Triste tout ça. Mais qu'ai-je ce matin vraiment pas la pêche.

Je ne me rappelle plus, mais pourquoi suis-je dans le cirage : la tête comme une passoire.

Fallait pas me réveiller, encore cette radio qui me déverse que des ignominies sur ce qui se passe ici ou ailleurs. Bravo comme réveil, mais zut j'ai envie de vomir, qu'ai-je fait hier ?....J'suis tout barbouillé. Encore les copains avec leur fameux cocktail, et ces cachets.

Pardon m'man, pardon p'pa, j'ai la tête dans le cirage, comme une passoire. J'ai le blues, j'suis pas frais pour y aller. Du café qu'il me faut. Doux Jésus j'ai la tête comme une passoire. J'irai pas au collège aujourd'hui.

Le carnet où lire Anne
 

27/03/2008

La date de péremption était dépassée. Les impromptus littéraires

Anne Bonaventure - La date de péremption

La date de péremption était dépassée mais elle n'a pas voulu en tenir compte et a continué à manger les bonbons....Des bonbons que lui avait offert son filleul il y a bien quelques années. Ils étaient au miel et s'étaient agglutinés les uns aux autres, fallait les décoller pour en attraper un. Ils avaient perdu de leur goût sucré, mais tant pis elle les suçotait avec son thé. C'était un petit plaisir qu'elle s'octroyait tous les jours en regardant « Les feux de l'Amour ». Fallait qu'elle termine la boite, elle voulait la récupérer pour y mettre les centimes d'euros dont elle avait horreur. C'est une bien jolie boite si colorée qui a sa place sur le buffet de la cuisine.
Elle n'attendait plus de visite maintenant, son filleul était parti d'où l'on ne revient plus.
Alors elle se dit que puisqu'il ne lui offrirait plus de bonbons, elle pourrait s'acheter des chocolats à la liqueur .....

Le carnet où lire Anne Bonaventure

22/03/2008

TRACTION ANIMALE THEME DES IMPROMPTUS LITTERAIRES CETTE SEMAINE

Anne Bonaventure - Traction animale

LA charette

Le temps passe et je n'arrive toujours pas à raconter à mes enfants l'épisode tragique de la traversée des Pyrénées. Les parents étaient déjà bien vieux et je me demandais comment nous pourrions enfin quitter la Catalogne et fuir de l'autre côté de la frontière. Le passeur que l'on nous avait recommandé tardait et les vieux avaient terriblement froid. Heu mais qu'est-ce que je raconte ce n'est pas du tout ça. Nous n'étions pas à pied mais étions dans la charrette tirée par un âne et c'était pour passer la frontière suisse, mais non pour aller en Italie. Ho et puis je ne sais plus. Tant pis....Oui Madame s'il vous plait je peux avoir du café .... Quoi j'ai déjà pris mon petit déj!!!!!
(La mémoire s'en va et c'est comme si nous ne voulions pas voir ou plus voir le passé).

Le carnet où lire Anne Bonaventure

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13/03/2008

LE SALON DU LIVRE

 
 
J'ai lu l'article et les commentaires, et je suis attérée par les réactions houleuses de tant de personnes qui ne connaissent ni de près ni de loin les auteurs israéliens, ni Israël. Tout cela nous dépasse, la politique de chaque partie, des autres pays qui y ont un intérêt.
Je lis en ce moment des livres écrits par des israéliens et je trouve cela très intéressant, au moins je suis dans le coup.
Vouloir boycotter le salon je trouve que c'est une façon de démontrer de l'arrogance et une espèce de supériorité comme si nous-même sommes parfaits. Je lis simplement des auteurs de pays différents sans juger forcément leur contexte politique.
Pour moi la PAIX et avant tout une qualité de coeur que je ne vois pas poindre en lisant les réactions de mes compatriotes. 
© Le Monde.fr

05/03/2008

Fragile thème cette semaine pour les IMPROMPTUS LITTERAIRES

Anne Bonaventure - Fragile

Par Les Impromptus, lundi 3 mars 2008 à 22:40 :: Fragile :: #3439 :: rss

Il avait traversé sa vie sans fléchir, des épreuves il en a eu. Je pensais qu'il resterait dur comme la pierre, fort, despote même. Envers lui mes sentiments étaient mitigés : entre respect et révolte.
Les années ont passé et il restait inébranlable. Jusque après ses 80 ans et même plus. Je croyais qu'il deviendrait centenaire....mais il est arrivé chez moi perdu, sale ....Il n'avait plus le front haut ni le verbe. Il était devenu comme un enfant un vieil enfant qui a besoin d'aide qui ne peut plus tout faire si fièrement mais qui ne peut que compter sur l'autre les autres. Je l'ai lavé, nourri, blanchi et puis il est parti à l'hôpital et là .....
De si fort qu'il était il est devenu fragile, si fragile qu'il est parti.

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